Giebel, Dorne, Werber – vivre et rêver

Voilà plusieurs mois que je n’ai pas pris le temps de tracer mes lectures, les passages qui ont retenu mon attention pour diverses raisons, plaisir ou dégoût. Pourtant j’ai lu beaucoup de choses extraordinaires, des romans d’aujourd’hui et d’hier, des récits de vie fabuleux et des textes à partager.

Heureusement, mon kindle a gardé en mémoire tous les mots surlignés et je vais tâcher de me remémorer aussi les histoires.

Il y a donc presqu’un an, « Satan était un ange » de Karine Giebel se proposait à moi dans la boutique Kindle. Ce thriller se lit facilement mais ne m’a pas plus emballé que cela. Le titre retrouvera sa poésie sur la fin du roman :

« Satan était un ange. Le premier des anges, même ! Et le plus beau, aussi… Comme tous les anges, il avait une mission à remplir sur Terre… Dieu l’aurait envoyé parmi les hommes pour leur insuffler les énergies négatives. La haine, la jalousie, la colère, la violence, l’avarice… Pour tenter les hommes et leur apprendre justement à résister à toutes ces tentations néfastes. Pour forger leur libre arbitre. Mais Lucifer, à force d’inspirer cela aux hommes, aurait fini par pécher… »

Mais pour en arriver là, il faudra suivre l’aventure mélangeant roadmovie et action de deux hommes qui se croisent, se reniflent, se méfient, s’apprécient, …

« Accepter qu’entre humains, il existe autre chose que les rapports de force. »

L’auteur nous invite ainsi à réfléchir à ce que nous apportons à autrui ou aux rêves qu’on laisse sur le bord de la route :

« Avec toutes ses contraintes absurdes, ces choses que l’on s’impose à soi-même ; ces barrières que l’on érige patiemment autour de soi. Par obligation, par peur, bêtise ou convenance. Par habitude ou par pudeur. »

 

J’ai alors enchaîné avec la lecture de « L’héritage de Gaïa : Le pouvoir oublié de la Terre-Mère » de Didier Dorne. Cette fois, le titre m’évoque la saga « Siècle Bleu » de Jean-Pierre Goux. Gaïa est évidemment le point commun principal avec le chamanisme effleuré par les personnages. L’action file tout au long des pages ; l’intrigue, même si on la devine en progressant dans l’histoire, se pose avec force dès les premières pages. D’après les passages que j’ai surlignés, je dirais donc que l’idée défendue par l’auteur s’éclaircit sur la fin de l’histoire :

« La révolution ne pourrait s’opérer qu’au niveau de chaque individu. Il est illusoire de croire que le changement viendra d’en haut. »

On retrouve les notions de connexion entre les êtres même s’il n’y a pas d’arbre de la vie façon Avatar :

« Agis à ta guise, mais assure toi au préalable que tes actions ne portent tort à personne : tous les êtres vivants sont connectés et le mal fait à l’un d’entre eux blesse tous les autres. »

L’auteur incite aussi à l’amour :

« Un acte gentil rend le monde plus gentil, même si l’amélioration est infime… »

 

A la fin de ce livre, sans savoir que j’allais croiser quelques mois plus tard l’auteur de ma prochaine lecture, j’acceptais l’invitation au rêve de Bernard Werber avec « Le Sixième Sommeil ». Il y a quelques clins d’œil à d’autres auteurs dont j’ai pu apprécier les romans :

« est-ce que le prochain criminel de Thilliez s’appellera B Werber ? »

Il y a aussi des proverbes que je connaissais plus par le vécu que par la théorie :

« Promesses orales, douleurs anales. »

Il y a surtout des conseils à méditer :

« Celui qui n’a pas voulu quand il le pouvait… ne pourra pas quand il le voudra. »

« La victoire est toujours une possibilité. »

« Ce qui ne respecte pas le temps ne résiste pas au temps. »

 

Sixième SommeilC’est à l’occasion d’une conférence au sein de mon entreprise que j’ai pu croiser Bernard Werber. Venu pour nous parler de développement personnel, nous avons testé le rêve éveillé, le rêve guidé : sortir de son corps, s’envoler tel un superhéros, rejoindre une ile paradisiaque, trouver son objet fétiche, se laisser à la plénitude… Bon, pour moi, ça n’a pas fonctionné. Je repensais à la fois à la lecture de Sixième Sommeil que j’ai apprécié et aussi à un livre que je venais de finir « L’ile mystérieuse » de Jules Verne.

 

Encore beaucoup de retard et de belles lectures à partager…

Ce qu’on fait sans plaisir de Morgan Caine

Et voici un autre roman policier qui m’a accompagné dans le RER et métro entre le travail et la maison : CE QU’ON FAIT SANS PLAISIR

Au-delà de l’intrigue policière, l’auteur propose des situations amoureuses très différentes de l’amour naissant à la violence conjugale.

« Un enfer supportable, mais n’est-ce pas ça, la véritable définition de la torture »

Et il le fait bien ; je surligne les nombreuses images ou les métaphores amoureuses tout comme les pensées, mêmes simples mais éloquentes.

« N’était-ce pas cela, un couple ? Deux personnes qui se tirent mutuellement vers le haut ? »

Quant à l’intrigue, Morgan Caine ménage le suspens, crée des fausses pistes et plusieurs rebondissements bien qu’il faille dépasser les premiers chapitres pour mieux se laisser porter après la mise en place des personnages.

Un bon moment de détente.

 

Éloge de la gentillesse en entreprise d’Emmanuel Jaffelin


En 2014 à la Cité de la Réussite, je découvre sur scène Emmanuel Jaffelin dont la prestation quasi humouristique avait retenu mon attention. Or, ma responsable RH (que je salue et remercie au passage) l’invite cette année à nos événements internes mensuels « les jeudis entre nous » pour nous parler de son Eloge de la gentillesse en entreprise. Malheureusement pour moi, ça tombe sur un jeudi où je ne peux me libérer et profiter de cette soirée en compagnie de mes collègues et de l’auteur… Qu’à cela ne tienne, je vais tenir ma promesse de 2014 (enfin presque, puisque c’était son précédent bouquin) et télécharger son livre.

Après quelques pages, je ne suis pas tout à fait à l’aise… c’est curieux. L’auteur n’est pas très gentil avec l’entreprise et je commence à m’interroger sur son expérience du monde professionnel. D’ailleurs, il devine l’entreprise :

« Nous devinons alors que l’entreprise doit – sauf à se faire inhumaine – concourir à ce double but : elle a certes vocation à produire de la richesse, mais elle ne peut le faire contre l’essence même de l’humanité. »

Evidemment, certains fondamentaux sont rappelés sur le travail, le sens qu’il doit porter et l’idéal qu’il doit être :

« Si les êtres humains passent l’essentiel de leur temps, après l’enfance et avant la retraite, à travailler, il ne faut pas que ce moment représente une mauvaise parenthèse dans une vie, mais qu’il soit l’un des facteurs du vivre-ensemble. »

Evidemment, l’idée ci-dessus est séduisante mais que penser de l’éboueur qui participe certes à rendre nos vies agréables mais pour lui, peut-il dire que ce travail n’est pas une mauvaise parenthèse de sa journée, de sa vie ?

La première partie ne laisse donc pas apparaître la gentillesse et dessine une entreprise difficile à vivre :

« Difficile de prôner la sérénité au sein de l’entreprise quand on pense la guerre en dehors. »

En lisant cette phrase, je ne peux m’empêcher de penser à Blue Ocean Strategyou comment finalement éviter la guerre dont parle Jaffelin pour faire grandir son entreprise plus sereinement. Evidemment, cela exige aussi des efforts et la vigilance à l’égard de la concurrence guerrière (au sens de M Porter et de ses 5 forces).

« Si lien entre gentillesse et entreprise il y a, ce n’est donc pas dans un secteur qu’il faut le chercher, mais dans les relations professionnelles trop souvent considérées comme secondaires. »

La suite fait penser à un discours syndicale sur le profit contre les hommes :

« Le flux est le nouveau contremaître du salarié qui lui ordonne d’être toujours en mouvement, qui lui interdit la pause d’une manière plus redoutable encore que ne le faisait la chaîne de montage. »

D’ailleurs, le manager (ou manageur) s’en prend plein la figure. Rien sur les parties prenantes, en dehors de la concurrence à peine évoquée au travers de la guerre commerciale, pourtant le client est l’électeur principal des entreprises.

« Le manageur, les yeux rivés sur les indicateurs de performance, perd trop souvent de vue, non seulement le travail réellement effectué par le salarié, mais aussi et surtout la subjectivité de celui-ci, c’est-à-dire l’empreinte humaine qu’il apporte à l’entreprise et qui est faite de sa sensibilité, de son intelligence et de son histoire. »

Même quand on croit qu’il va finalement l’épargner, le manageur passe finalement pour un total incompétent qui ne capte pas l’essentiel :

« De fait, il serait trop lâche et trop facile de faire du manageur le bouc émissaire du mal-être dans l’entreprise et le responsable d’une logique qui, au fond, lui échappe pour l’essentiel. »

L’entreprise visée par E Jaffelin n’est pas la start up ou le petit commerçant. Il cible la grande entreprise… Pour avoir goûté à toutes les tailles d’entreprise, j’ai l’impression que l’auteur caricature la réalité et s’arrête sur les gros titres de Challenge, non ?

« le fait que ce dépeçage se fasse sous couvert de la loi en dit plus sur la capacité législative à entériner les faits là où il faudrait les enterrer que sur la différence morale du criminel et du « golden parachuté ». Il conviendrait d’ailleurs de s’interroger sur la valeur d’une loi qui protège les frelons : n’encourage-t-elle pas l’asociabilité, la déresponsabilisation sociale, le règne du tout-à-l’égo et, finalement, le mépris quotidien du salarié ? »

La confiance apparaît enfin dans les propos de l’auteur mais ce n’est qu’une ébauche comparée à ce qu’énonçait S.M.R Covey dans Speed of Trust :

« si le salarié n’est pas un cheval ni le manageur un cavalier, il n’est pas absurde de penser que « manager » consiste à instaurer une relation de confiance au sein d’une équipe pour en faire un attelage harmonieux. »

L’auteur s’en prend alors aux enseignements américanisés (type MBA) et à l’invasion des anglicismes dans notre quotidien.

« Jaurès disait que « quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots ». »

Je crois effectivement que la gentillesse est une force mais fallait-il un si long texte pour le lire ?

« Le fait que le sens de la gentillesse ait beaucoup varié ne nous empêche pas de reconnaître dans celui qui se montre bienveillant envers nous une noblesse morale et dans son geste, une authentique force morale. »

J’ai surligné bien plus de passages mais même en relisant ces citations, je suis finalement assez déçu de n’avoir pas trouvé chez Jaffelin un texte plus positif, plus constructif, moins culpabilisant tant pour les entreprises que pour les managers. Ca accentue ma déception de n’avoir pu entendre ses propos et débattre avec l’auteur…

Soyez gentils !

Proteus de Louis Raffin


Notre époque nous assomme d’information de toute part. Travaillant sur le sujet des smartcities, à l’occasion de mes commutations, j’ai regardé sur mon Kindle ce que je pouvais me charger sur le sujet. Les propositions d’Amazon sont assez pauvres en français et finalement, je fatigue des enseignements… j’allais abandonner ma recherche me disant qu’il serait préférable que je m’aère l’esprit avec un roman et là, je tombe sur Proteus de Louis Raffin. Alors je clique !

J’accroche rapidement, l’histoire s’ancre dans notre réalité contemporaine avec des images intéressantes :

« Au Monopoly, il n’y a que des perdants. Pour entamer une nouvelle partie, il faut d’abord détruire les richesses accumulées lors de la précédente. C’est ce qu’on appelle une crise économique, et si elle se prolonge, elle peut mener jusqu’à la guerre, comme à la fin des années 30. »

Un roman donc mais qui ne se vide pas d’enseignements :

« si vous regardez l’Histoire, ce sont le plus souvent des individus déterminés, et non les masses, qui en ont changé le cours… »

Pour la smartcity, je repasserai mais j’ai pris un certain plaisir à lire cette histoire qui est un peu un « Odyssée de l’espace » sur terre et qui illustre ce que pourrait être finalement notre avenir avec l’internet des objets, la robotisation et toutes les avancées technologiques que l’avenir nous réserve encore.

 

C’était comment Stephen King ?

Ca remonte au lycée quasiment… si j’ai gardé le souvenir d’avoir lu rapidement Bazaar pour impressionner une amie qui le lisait, je me souviens avoir apprécié la facilité à lire Stephen King. Cet été, je me suis demandé, si j’étais encore capable de me laisser emporter dans ses univers. J’ai alors choisi Mr Mercedes, roman policier, pour ne pas partir directement sur du fantastique.

Que des personnages « normaux », pas des superhéros, pas des canons de beauté, pas d’intelligence supérieure non plus. Pas de surnaturel… une histoire finalement simple dont la trame ferait une mauvaise série mais une dimension psychologique intéressante. On balance entre les états d’âme d’un flic retraité et l’obscur criminel dont l’action relève du terrorisme.

« Si tu regardes trop longtemps l’abîme, a écrit Nietzsche, l’abîme aussi regardera en toi. »

Finalement, le maître de l’horreur et du fantastique ne s’en sort pas si mal avec ce roman policier. Je ne le pointe pas au top de la liste et ne le recommande pour passer le temps dans les transports ou en grillant sur la plage.

A ma question-titre, c’est un autre roman de Stephen King qui donnera une réponse positive (à suivre donc :)).

Thilliez vs Musso

2 – 1, c’est le score entre ces deux auteurs de mes lectures d’été. Pour être honnête, je n’avais jamais lu Guillaume Musso alors que les aventures policières de Franck Thilliez m’avaient déjà intrigué. Autre avantage pour Thilliez, ANGOR se termine en donnant l’envie au lecteur de poursuivre avec Pandemia.

Pourtant, « L’instant présent » de Guillaume Musso propose une fiction moderne et mystérieuse mélangeant amour, actualités et voyages spatio-temporels. Il commence par une magnifique citation de Stephen King qui multiplie mon plaisir de lecture : « L’amour a des dents et ses morsures ne guérissent jamais. »  (Stephen King, Différentes Saisons). D’ailleurs, après la lecture des 3 romans de ce post, j’ai entamé la lecture de Mr Mercedes de Stephen King, une enquête policière intéressante et éloignée des souvenirs que j’avais des romans de mon adolescence. Parfois gêné par le fait que l’histoire de Musso se déroule aux Etats-Unis alors que plusieurs références sont françaises, j’apprécie la simplicité d’écriture tout comme le caractère du héros. Malheureusement, la fin m’a déçu… trop française, peu divertissante, elle produit l’effet d’un cours de français expliquant une poésie, annulant finalement toute la beauté de l’histoire par son analogie avec la vie réelle que chaque lecteur étaient libre d’analyser ou pas… Quel dommage !

Bien que Franck Thilliez construise sur une trame commune pour les aventures de son flic Sharko, le divertissement est au rendez-vous, les frissons aussi. En effet, l’ancrage sur le territoire français (même si le monde reste aussi territoire d’investigation) et les liens avec l’actualité intriguent et angoissent à la fois. Pas d’explication de textes ici, uniquement de l’action et des enquêtes à rebondissement avec des sujets qui laissent au lecteur poursuivre ou non ses réflexions.

A vous de faire votre match !

A la vitesse de la confiance !

The SPEED of Trust: The One Thing that Changes Everything (Covey, Stephen M.R.;Merrill, Rebecca R.)

The SPEED of Trust: The One Thing that Changes Everything (Covey, Stephen M.R.;Merrill, Rebecca R.)

Stephen MR Covey nous invite à réfléchir au management par la confiance à travers ce livre exceptionnel. Je suis même réducteur en écrivant « management par la confiance » puisque l’auteur propose d’étendre son analyse à un style de vie qui touche tous les domaines :

« There is one thing that is common to every individual, relationship, team, family, organization, nation, economy, and civilization throughout the world—one thing which, if removed, will destroy the most powerful government, the most successful business, the most thriving economy, the most influential leadership, the greatest friendship, the strongest character, the deepest love. (…) That one thing is trust. »

 

Stephen MR Covey incite à développer la confiance dans toutes les situations et motive cela en expliquant que la confiance permet de réduire les coûts et de construire plus rapidement :

« When trust goes down, speed will also go down and costs will go up. ↓ Trust = ↓ Speed ↑ Cost When trust goes up, speed will also go up and costs will go down. ↑ Trust = ↑ Speed ↓ Cost »

Selon lui, la formule qui dit que les résultats sont égaux à la stratégie multipliée par son exécution (R = S x E) est incomplète. Il manque un paramètre : la Confiance.

« (S × E)T = R ([Strategy times Execution] multiplied by Trust equals Results) »

L’auteur pousse les comparaisons financières jusqu’à soutenir que, selon le niveau de confiance, une organisation (ou une relation personnelle) peut être taxée ou toucher des dividendes.

Par exemple, il illustre de la façon suivante :

  • Si aucune confiance n’existe, la taxe s’élève à 80%. Dans une organisation, cela se traduit par une hiérarchie redondante, du micro-management, … Dans une relation personnelle, des agressions verbales se font courantes, par exemple.
  • Si le niveau de confiance est très faible, la taxe vaut 60%. Dans une entreprise, ce sera le règne du temps perdu à prendre des décisions. Les employés sont également malheureux (je prends cet exemple, parce qu’on verra plus tard l’importance de son contraire. Dans une relation personnelle, on se renvoie constamment les erreurs passées, le climat reste suspicieux…
  • La taxe à 40% s’explique dans une organisation par des agendas cachés ou encore avec des jeux politiques marqués par des alliés et des ennemies. Dans une relation personnelle, on retrouve des phénomènes d’omission.
  • A 20% de taxe, les organisations présentent encore des hiérarchies inutiles, donc encore un peu de redondance et des procédures à tout va. Dans une relation personnelle, il reste souvent des incompréhensions, des tensions.
  • Lorsqu’il n’y a ni méfiance, ni confiance, on trouve des organisations ou relations personnelles saines. La tolérance fait son œuvre.
  • Si les dividendes s’élèvent à 20%, on trouve alors des organisations qui travaillent de manière collaborative, font preuve d’innovation également. Dans une relation personnelle, les personnes communiquent positivement.
  • A 40% de dividendes, les organisations communiquent de manière transparente, sans effort, favorisent l’engagement, la loyauté, … Dans une relation personnelle, la joie est de mise tout comme l’excitation.

 

Stephen MR Covey illustre ses convictions par des exemples aussi bien de sa vie personnelle que d’expériences en entreprise. Et c’est plutôt convaincant ! Des exemples ou aussi des contre-exemples : « There are many reasons for disengagement, but one of the biggest reasons is that people simply don’t feel trusted. »

A partir de là, il explique comment agir pour gagner la confiance ou la reconquérir. J’ai surligné tant de conseils ou d’exemples qu’il est impossible de tout reprendre ici. C’est aussi imagé par des proverbes surprenants parfois : « French proverb “Fish discover water last.” »

 

L’auteur propose de découvrir ce qui fonde selon lui la crédibilité. 4 fondamentaux : l’intégrité, l’intention, les compétences et les résultats. Ces 4 mots suffisent à eux-mêmes. Je ne soulignerai que le quatrième : résultats. Si on garde en tête la formule  (S × E)T = R, on retiendra alors que délivrer des résultats permet d’augmenter la confiance. Et pour avoir des résultats, il ne faut pas avoir peur d’oser, ni de se tromper :

« In commenting on the process of perfecting the lightbulb, Thomas Edison said, “I didn’t fail ten thousand times. I successfully eliminated ten thousand materials and combinations that didn’t work.” »

 

Stephen MR Covey complète ces 4 fondamentaux avec 13 comportements, pour lesquels je reprends une citation (parmi les passages que j’ai cornés sur mon kindle) :

  1. Talk Straight « “Talk Straight” is honesty in action. »
  2. Demonstrate Respect : « Demonstrate Respect is based on the principles of respect, fairness, kindness, love, and civility. »
  3. Create Transparency : « Tell the truth in a way people can verify. Get real and genuine. »
  4. Right Wrongs : « The reality is that everybody makes mistakes. The issue isn’t whether you will make them, it’s what you will do about them. It’s whether you will choose the path of humility and courage or the path of ego and pride »
  5. Show Loyalty : « you look at everyone out there and all they did to contribute, and you give them the credit, attribution, recognition, acknowledgment, and appreciation. »
  6. Deliver Results : « I learned it’s most effective to give the best opportunities to the big producer who doesn’t talk instead of the big talker who doesn’t produce. »
  7. Get Better : « seek feedback, and learn from mistakes. »
  8. Confront Reality : « You rarely gain anything by shutting out the very people who are in the best position to help you solve the challenges and problems you face. »
  9. Clarify Expectations : « it’s wise to look at three variables—quality, speed, and cost—and realize that you can usually pick any two, but not all three. »
  10. Practice Accountability : « As the Russian proverb says, “Success has many fathers while failure is an orphan.” »
  11. Listen First : « when you Listen First, you get insight and understanding you wouldn’t have had. You make better decisions. Also you show respect. You give people psychological air. And the impact on trust is amazing. »
  12. Keep Commitment : « when you make a commitment, you build hope; when you keep it, you build trust. »
  13. Extend Trust : « Extend Trust is based on the principles of empowerment, reciprocity, and a fundamental belief that most people are capable of being trusted »

 

Pour un livre de développement personnel, c’est une excellente lecture qui dynamise ! On pourrait se dire qu’en France, ça ne marcherait pas ! Pourtant, on commence à parler d’entreprises libérées. Par exemple, dans Challenges du 19 février 2015, Jean-François Zobrist est cité en exemple comme ancien directeur de l’entreprise FAVI « qui croit que l’homme est bon. ». Il nous dit : « la confiance rapporte plus que le contrôle ». Cela rappelle aussi les travaux de sociodynamique de JC Fauvet. Faîtes le test en cherchant dans YouTube « entreprise libérée », vous verrez le nombre de vidéos et même une chaîne dédiée à ce sujet.

 

Ne restez pas SOT, lisez Speed Of Trust !

Jacques a dit : « Devenir Soi » !

Devenir SoiEt voici ma première lecture sur mon Kindle, si je n’ai pas pu plier les pages, c’est quand même plus facile puisque tout ce que j’ai pu surligner est enregistré dans un fichier. Pour les citations, un copier-coller suffit.

Le dernier livre que j’ai lu de Jacques Attali m’avait déjà fait constater qu’il écrit régulièrement sur un modèle : un diagnostic sombre du passé, un présent qui nous conduit vers un avenir médiocre sauf si… Sauf si on réagit !

« Dans un monde aujourd’hui insupportable et qui, bientôt, le sera bien plus encore pour beaucoup, il n’y a rien à attendre de personne. Il est temps pour chacun de se prendre en main. »

En relisant mes notes de « Survivre aux crises », je m’étonne que le récit ait évoqué les mêmes souvenirs qu’à l’époque : « Carpe Diem », Morrison, … C’est un autre chanteur qu’il cite dans les exemples de gens qui ont pris en main leur destin : Kurt Cobain !

« Après l’échec de ses premières formations, entre 1985 et 1989, il rassemble ceux qui finiront par former le groupe Nirvana avec lequel il sort en 1989 l’album Bleach ».

 

Le diagnostic et l’avenir qu’il pose sont des plus sombres. Le vocabulaire choisi relève de la prophétie :

« L’ascension du Mal semble inéluctable. »

Jacques Attali nomme celles et ceux qui se laissent vivre les « résignés-réclamants » :

« ils sont consommateurs égoïstes de services publics qu’ils ne songent plus eux-mêmes à rendre aux autres. » (j’étais obligé de souligner ce passage sur les services publics)

« Par peur. Par paresse. Par passivité. Ils survivent au mieux, trouvant parfois de minces bonheurs dans les anecdotes de leurs destins. »

 

Cette fois, l’auteur pointe des expériences positives, des étoiles au milieu de ce ciel sombre. Il cite des artistes, des entrepreneurs, des bénévoles, … Il faut agir par soi-même, sans rien attendre des autres. Mais ce n’est pas parce qu’on a rien à attendre des autres, qu’il ne faut pas faire attention aux autres. Il multiplie les exemples aussi bien dans le temps que dans l’espace. L’auteur est intarissable et sa culture est incommensurable.

L’idée est donc « d’être aussi utile aux autres, et d’aider le monde à échapper à l’irrésistible ascension du Mal. »

Alors, si tu as de l’énergie, Jacques Attali propose, comme Nietzsche avec son « deviens ce que tu es », de « Devenir soi » : « il faut surtout agir, au lieu de rêver à un avenir meilleur sans le provoquer ».

Jacques Attali nous invite à comprendre ce qui nous freine, qui nous maintient dans notre « confort de l’aliénation » parce que, dit-il, « le monde appartiendra à ceux qui osent et oseront refuser d’être « résignés-réclamants » pour prendre le pouvoir sur leur propre vie ». Il trace un chemin en 5 étapes : « Prendre conscience de son aliénation », « se respecter et se faire respecter », « Ne rien attendre des autres », « Prendre conscience de son unicité » et « se trouver, se choisir ».

Facile et rapide à lire, chacun trouvera sa recette et qui sait, se lancera peut-être à la conquête de sa lumière !

Al quaida en France, Samuel Laurent

Pour une raison que j’ignore, on m’a prêté ce livre. Sans doute, est-ce le résultat d’une discussion sur l’actualité lors de la pause déjeuner. Merci pour cette lecture intriguante.

Je n’ai pas corné les pages pendant mes commutations pour rendre le livre en état mais j’ai pris en note quelques citations. Certaines pourraient être entendues dans le monde de l’entreprise pour les fanas de la concurrence en océan rouge.

« Un vrai soldat s’adapte aux stratégies de son ennemi. » (entretien de l’auteur avec Abou Youssef en Somalie)

D’autres n’auraient pas le même sens si elles n’émanaient pas de terroristes.

« Intégrer une cellule clandestine demande 4 qualités. La motivation, la fiabilité, la discipline et l’intelligence. » [remplacer cellule clandestine par organisation politique, association, entreprise, …]

 

La démarche de l’auteur demeure pour moi un mystère. Si je peux comprendre son besoin de se mettre en danger ponctuellement, ce livre pourrait lui faire courir un danger perpétuel. Quel intérêt quand son discours peut ne pas convaincre ses lecteurs ou sa cible ? Qui est-elle d’ailleurs ? Les politiques ? La DGSE/I ? Al-Quaida ?

Tout au long du livre, il se dit neutre et sans jugement. Pourtant… Mais, au final, que faut-il retenir ? La peur ? Se convertir ? Virer les gens de la sécurité intérieure ?

« Ils délaissent le monde réel et se réfugient derrière leurs super ordinateurs. » (cette phrase aussi, on peut la prêter à d’autres, des auditeurs ?)

« La technologie rend nos espions paresseux, elle leur fait perdre de vue l’essentiel : le courage et l’efficacité. »

Jugement de l’auteur sur son pays ?

« Pendant que la France se bat au Mali, eux sapent les fondations du pays sans être inquiétés. De l’intérieur. »

L’auteur livre un diagnostic qu’on doit croire sur parole puisqu’aucune photo n’illustre ses découvertes. Et si c’était la sécurité intérieure qui l’avait promené pour lui faire peur ? Pour le convaincre d’arrêter de se prendre pour un super espion ? Après tout, pourquoi devrais-je avoir plus peur de mon entourage en pensant qu’il y a peut-être des terroristes alors qu’il y a peut-être aussi des espions ? Une chose est sure, je suis entouré d’héros du quotidien.

Une autre déception est que Samuel Laurent n’explique pas comment sont embrigadés tous ces futurs martyres. Comment arrive-t-on à penser ainsi :

« Si les infidèles tentent de leur barrer la route, nous frapperons si fort qu’ils en resteront pétrifiés. »

« Nous faisons la guerre à ceux qui veulent empêcher l’avènement de ce monde parfait. »

Persuader quelqu’un d’offrir sa vie pourrait être utile à de bonnes causes. Aucune piste réelle sur ce point. Qu’est-ce qui peut faire que quelqu’un parte en Syrie en abandonnant tout (même s’il y a peu à abandonner) et revienne avec une autre vie, falsifiée, dans l’attente d’une mort pour une cause  peu partagée ? L’auteur nous livre un rapport de chefs. Il a rencontré ceux qui ne mourront pas parce qu’ils pilotent les agents dormants. On comprend qu’ils mobilisent agent par agent mais pas nécessairement des foules… Aimer un dieu au mépris de sa vie, pourquoi pas mais au mépris de celles des autres…

J’ai même parfois eu l’impression que l’auteur admirait le talent des émirs rencontrés.

« Sa grande vivacité intellectuelle et son esprit brillant me paraissent difficilement conciliables avec la foi inébranlable et impossible à questionner qui l’anime. » (entretiens avec Anjem Choudary, imam à Londres)

Facile à lire, le récit est intéressant mais finalement ne présente pas la force d’une fiction, ni celle d’une solution à un problème… Pas de prix Nobel de la paix.

Petite Poucette de Michel Serres

Zapping à la maison, zapping à l’école, zapping dans les relations… Tout un bouleversement induit par les comportements d’une nouvelle génération, des changements pas toujours compris par celles et ceux emprisonnés du passé.

Michel Serres plante dans les premières pages un décor étrange pour son héroïne, petite poucette, nourrie aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux. Rapidement, il cherche à comprendre et pose la question suivante : « Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques, la moisson d’été, dix conflits, cimetières, blessés, affamés, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts…, sans avoir expérimenté, dans la souffrance, l’urgence vitale d’une morale ? »

Posée comme ça, c’est presqu’inquiétant. Si j’ai connu les vrais animaux, les champs, la pêche aux tritons et autres crapauds…, si je me souviens des chars dans les rues de mon village simulant une guerre, c’est surtout parce qu’aux trêves, avec mes amis, c’était la course à la douille, aux obus en plâtre, … Evidemment, il y a bien eu les alertes au lycée pendant la guerre du Golf mais la réalité se vivait à des kilomètres. Etudiant à Paris, j’ai été frappé de voir les jeunes parisiens découvrir les animaux au parc des expositions, Porte de Versailles.

Le philosophe ne joue pas la mélodie des réfractaires et rappelle que ce sont les « adultes qui ont méticuleusement détruit (la) faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze. » Ces adultes récitent l’histoire, racontent les grandes ères de l’humanité et semblent figés dans le passé dans leurs pratiques, leurs modes de pensée, leurs modes de vie… « Voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classe, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires, savoirs même…, cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus. »

Finalement, l’auteur décrit une personne agissant comme une entreprise externalisant certaines ressources, certaines capacités cognitives dans le magma d’Internet. Petite Poucette aurait bel et bien une tête moins pleine (ou pleine différemment) et mieux faite pour répondre à Montaigne. Michel Serres annonce alors : « Fin de l’ère du savoir ». Le savoir se consomme désormais comme n’importe quel autre produit ou service. Le philosophe explique alors les mutations des comportements à l’école conduisant parfois à certaines incompréhensions. Revenant là aussi à une image d’entreprise, il évoque les lois de l’offre et de la demande. Selon lui, l’offre ne répond plus à la demande… Je dois dire qu’en regardant mes garçons, je me suis posé la question de l’interactivité à l’école. Apprendre à lire, apprendre à écrire, est-ce possible sans une méthode directive ? Mon grand garçon a désormais une partie de ses cours sur iPad. N’apprend-il pas autrement déjà ?

Michel Serres décrit les anciennes pratiques avec sévérité : « le savoir lui-même exigeait des corps humiliés, y compris de ceux qui le détenaient. » De ce carcan, Petit Poucette se libère… Je me souviens encore du tournage d’une classe de CM2 avec mon frère, il y a déjà plus de 15 ans. Mon frère et moi avions un souvenir strict de l’instituteur. A chaque demande de participation à notre époque, les élèves baissaient la tête… Pendant le tournage, le maître d’école interviewé au fond de la classe devait parler de plus en plus fort pour couvrir le chahut des élèves. Il proposa alors qu’un élève vienne montrer l’usage fait de l’unique PC de la classe ; si les enfants avaient pu se battre pour participer, ils l’auraient fait. N’était-ce pas là les signaux faibles des mutations évoquées par le philosophe ?

Une autre vérité révélée peut expliquer les difficultés des entreprises à se développer, non pas à cause de Petite Poucette mais de celles et ceux effrayés par le changement : « au travail, elle répond à celui qui lui parle, non selon la question posée, mais de manière à ne pas perdre son emploi. Désormais courant, ce mensonge nuit à tous. » Si nous vivons avec le niveau de vie que nous connaissons, c’est bien grâce à nos ainés mais l’exemplarité n’est pas toujours au rendez-vous. Michel Serres donne l’illustration donnée par les politiques tant dans leur mode de communication que dans leur assemblée (brouhaha, tweet, …).

Un ouvrage courageux, gênant, qui interpelle, une invitation à encourager la modernité à bon escient, évidemment.

 

Coïncidence excellente, voici l’image trouvée sur mon réseau social pro :La pyramide de Maslow

 

Petite Poucette a rajouté une base à la pyramide de Maslow. Est-ce que Michel Serres partage ?