Attali et les crises

Ma sale habitude de corner les pages a encore frappé avec cet ouvrage d’Attali : « Survivre auxcrises ». Je garde des sentiments mélangés à la lecture de ses conseils. Tout d’abord, la première partie ressemble tellement à une réécriture des précédents livres de l’essayiste. C’est déprimant : un pessimisme sur l’avenir et les crises qui se répèteront. Je m’attendais à plus positif puisqu’il joue avec le verbe survivre en l’écrivant parfois sur-vivre.

« Le marché n’a aucun intérêt à ce que les gens meurent trop vieux,  à ce que les entreprises durent, à ce que les nations persistent. »

Joyeux non ? mais bon, il est vrai qu’ensuite il précise les raisons de cette affirmation. Ensuite, j’ai eu l’impression de revenir à mes années collège et lycée. A la place du « Carpe Diem » du « Cercles des poètes disparus » et la vie à 200% de Jim Morrison (je précise que je suis plutôt de l’époque du film d’Oliver Stone que du groupe The Doors), ‘Jack’ nous invite à :

« vivre chaque instant comme si c’était le dernier. »

Dans la première moitié du livre, l’auteur nous donne sa vision de la sortie de crise actuelle et des prochaines crises. Il multiplie les constats et les prédictions. On note quelques conseils comme « attendre (…) est la pire des stratégies de survie. » Il décrit les secteurs d’activité qui n’ont pas encore eu leur révolution industrielle ou dont les charges restent incompressibles comme l’éducation par exemple dont « le coût augmentera considérablement (…) aussi longtemps que les technologies pédagogiques et les neurosciences n’auront pas réussi à provoquer l’industrialisation massive de machines à enseigner ».

L’autre moitié est la répétition de ses 7 principes pour survivre voire sur-vivre et de leur déclinaison selon qu’on parle de personne, d’entreprise ou de pays : respect de soi, intensité, empathie, résilience, créativité, ubiquité, penser révolutionnaire. J’y ai retrouvé la conclusion que le dean de mon MBA avait formulé à l’époque sous forme d’interrogation nous demandant quelle formation nous ferons 5 ou 10 ans plus tard :

« le respect de soi exige ainsi de se former et de se réformer sans cesse pour utiliser le meilleur de ses capacités, de n’être jamais satisfait de ce qu’on sait ni de ce qu’on peut, de viser sans répit l’excellence de sa raison d’être. »

Les stratégies qu’il propose reposent également sur une analyse personnelle de type SWOT (Menaces, Opportunités, Forces, Faiblesses). La diversification est aussi une de ses pistes préférées : pas tous les œufs dans le même panier. Ne pas dépendre d’une seule formation, d’un seul employeur, et même d’une seule famille (bon, là, il pousse.)

Après une crise financière (et économique) comme celle qu’on vient de traverser, Jacques Attali rappelle quelques règles de bon sens dans la tendance développement durable d’ailleurs : « trop de focalisation sur le profit immédiat restreint l’aptitude à se préparer aux menaces de l’avenir. » et aussi ne pas « faire peser le bien être d’aujourd’hui sur les épaules des générations futures ».

Enfin, dans sa conclusion, l’essayiste liste les secteurs  d’avenir en les rapprochant de ses 7 principes. Quand on connaît les grèves de la SNCF et celles d’autres acteurs du service public, on s’interroge sur son affirmation : « le respect de soi favorise les services publics ». Peut-être pense-t-il plus aux services de proximité que les acteurs historiques.

2 réflexions au sujet de « Attali et les crises »

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