Giebel, Dorne, Werber – vivre et rêver

Voilà plusieurs mois que je n’ai pas pris le temps de tracer mes lectures, les passages qui ont retenu mon attention pour diverses raisons, plaisir ou dégoût. Pourtant j’ai lu beaucoup de choses extraordinaires, des romans d’aujourd’hui et d’hier, des récits de vie fabuleux et des textes à partager.

Heureusement, mon kindle a gardé en mémoire tous les mots surlignés et je vais tâcher de me remémorer aussi les histoires.

Il y a donc presqu’un an, « Satan était un ange » de Karine Giebel se proposait à moi dans la boutique Kindle. Ce thriller se lit facilement mais ne m’a pas plus emballé que cela. Le titre retrouvera sa poésie sur la fin du roman :

« Satan était un ange. Le premier des anges, même ! Et le plus beau, aussi… Comme tous les anges, il avait une mission à remplir sur Terre… Dieu l’aurait envoyé parmi les hommes pour leur insuffler les énergies négatives. La haine, la jalousie, la colère, la violence, l’avarice… Pour tenter les hommes et leur apprendre justement à résister à toutes ces tentations néfastes. Pour forger leur libre arbitre. Mais Lucifer, à force d’inspirer cela aux hommes, aurait fini par pécher… »

Mais pour en arriver là, il faudra suivre l’aventure mélangeant roadmovie et action de deux hommes qui se croisent, se reniflent, se méfient, s’apprécient, …

« Accepter qu’entre humains, il existe autre chose que les rapports de force. »

L’auteur nous invite ainsi à réfléchir à ce que nous apportons à autrui ou aux rêves qu’on laisse sur le bord de la route :

« Avec toutes ses contraintes absurdes, ces choses que l’on s’impose à soi-même ; ces barrières que l’on érige patiemment autour de soi. Par obligation, par peur, bêtise ou convenance. Par habitude ou par pudeur. »

 

J’ai alors enchaîné avec la lecture de « L’héritage de Gaïa : Le pouvoir oublié de la Terre-Mère » de Didier Dorne. Cette fois, le titre m’évoque la saga « Siècle Bleu » de Jean-Pierre Goux. Gaïa est évidemment le point commun principal avec le chamanisme effleuré par les personnages. L’action file tout au long des pages ; l’intrigue, même si on la devine en progressant dans l’histoire, se pose avec force dès les premières pages. D’après les passages que j’ai surlignés, je dirais donc que l’idée défendue par l’auteur s’éclaircit sur la fin de l’histoire :

« La révolution ne pourrait s’opérer qu’au niveau de chaque individu. Il est illusoire de croire que le changement viendra d’en haut. »

On retrouve les notions de connexion entre les êtres même s’il n’y a pas d’arbre de la vie façon Avatar :

« Agis à ta guise, mais assure toi au préalable que tes actions ne portent tort à personne : tous les êtres vivants sont connectés et le mal fait à l’un d’entre eux blesse tous les autres. »

L’auteur incite aussi à l’amour :

« Un acte gentil rend le monde plus gentil, même si l’amélioration est infime… »

 

A la fin de ce livre, sans savoir que j’allais croiser quelques mois plus tard l’auteur de ma prochaine lecture, j’acceptais l’invitation au rêve de Bernard Werber avec « Le Sixième Sommeil ». Il y a quelques clins d’œil à d’autres auteurs dont j’ai pu apprécier les romans :

« est-ce que le prochain criminel de Thilliez s’appellera B Werber ? »

Il y a aussi des proverbes que je connaissais plus par le vécu que par la théorie :

« Promesses orales, douleurs anales. »

Il y a surtout des conseils à méditer :

« Celui qui n’a pas voulu quand il le pouvait… ne pourra pas quand il le voudra. »

« La victoire est toujours une possibilité. »

« Ce qui ne respecte pas le temps ne résiste pas au temps. »

 

Sixième SommeilC’est à l’occasion d’une conférence au sein de mon entreprise que j’ai pu croiser Bernard Werber. Venu pour nous parler de développement personnel, nous avons testé le rêve éveillé, le rêve guidé : sortir de son corps, s’envoler tel un superhéros, rejoindre une ile paradisiaque, trouver son objet fétiche, se laisser à la plénitude… Bon, pour moi, ça n’a pas fonctionné. Je repensais à la fois à la lecture de Sixième Sommeil que j’ai apprécié et aussi à un livre que je venais de finir « L’ile mystérieuse » de Jules Verne.

 

Encore beaucoup de retard et de belles lectures à partager…

Pas le temps d’écrire sur le blog

Voilà plusieurs mois que je n’ai pas pris le temps d’écrire un post sur mon blog. Parmi toutes les mauvaises excuses, je vous livre celle-ci.

En bronzant l’été 2015 sous le soleil espagnol, entre la baignade et la lecture au bord de la piscine, j’observais la pergola en imaginant ce que cela donnerait sur ma terrasse. J’ai commencé à prendre les mesures et réfléchir au projet.

projet terrasse

C’est alors que je me suis demandé s’il ne fallait pas d’abord tout défaire pour remonter, voire reconfigurer le plancher.

J’ai démonté proprement les planches et j’ai bien fait car plutôt qu’en racheter, je les ai finalement réutilisées.

Terrasse sans plancher

Soudain, une idée est apparue ! Comment ? Je ne sais pas trop. Est-ce suite à une émission qui  montrait comment optimiser l’espace de petites pièces dans une maison ? Une pub sur internet ? ou simplement un défi personnel ?

Quoiqu’il en soit, je me suis mis à creuser pour réaliser ce petit rêve personnel.

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Au fur et à mesure que je m’enfonçais, mes voisins se posaient des questions et certains ont dû me prendre pour un grand malade !

Terrasse trouée

Mes enfants, eux, sont restés imperturbables. Au départ, je leur disais que j’allais faire une belle soute pour ranger les chaises de jardin pendant l’hiver. Ma femme m’a laissé faire mais se demandant si le chantier allait être fini avant l’été 2016. C’était le défi !

Par moment, je me demandais moi-même dans quelle galère je m’étais fourvoyée… mais j’ai tenu ! J’ai sorti des cailloux et j’ai étalé la terre dans le jardin. Le pommier m’a remercié de couvrir ses racines qui sortaient.

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Le trou consolidé, il a fallu reconstruire le cadre avec des lambourdes neuves et solides en pensant au fait que la terrasse couvrirait le trou. Elle devrait supporter le poids de la table et des gens.

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Une fois le cadre finalisé, j’ai commencé à fixer les roues. Eh oui ! La folie de l’idée était de faire une terrasse amovible. Chaque roue peut supporter le poids de mon père, normalement. J’en ai vissé 18 en espérant que l’alignement permettrait de rouler comme il faut.

Terrasse à roulettes

Après avoir remonté le plancher, j’ai quand même dû relever plusieurs fois mon chef d’œuvre à l’aide d’un crique et de parpaings pour coller des plaques et rendre plus étanches la partie qui referme le trou. D’ailleurs, ce n’est pas suffisant et je pense ajouter des joints bateau.

Quoiqu’il en soit, elle roule et le trou a pile les dimensions pour accueillir le spa gonflable qui fait le bonheur de mes 3 garçons !

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Un spa sous ma terrasse

Ca fait du bien de faire les choses par soi-même, même si c’est sale, dur, qu’il fait froid, que ça ne se déroule pas toujours comme prévu, ça fait du bien.

Voilà ! Maintenant à chaque rayon de soleil, on profite du spa sous la terrasse. Je vais pouvoir réfléchir à la pergola maintenant !

Ce qu’on fait sans plaisir de Morgan Caine

Et voici un autre roman policier qui m’a accompagné dans le RER et métro entre le travail et la maison : CE QU’ON FAIT SANS PLAISIR

Au-delà de l’intrigue policière, l’auteur propose des situations amoureuses très différentes de l’amour naissant à la violence conjugale.

« Un enfer supportable, mais n’est-ce pas ça, la véritable définition de la torture »

Et il le fait bien ; je surligne les nombreuses images ou les métaphores amoureuses tout comme les pensées, mêmes simples mais éloquentes.

« N’était-ce pas cela, un couple ? Deux personnes qui se tirent mutuellement vers le haut ? »

Quant à l’intrigue, Morgan Caine ménage le suspens, crée des fausses pistes et plusieurs rebondissements bien qu’il faille dépasser les premiers chapitres pour mieux se laisser porter après la mise en place des personnages.

Un bon moment de détente.

 

Éloge de la gentillesse en entreprise d’Emmanuel Jaffelin


En 2014 à la Cité de la Réussite, je découvre sur scène Emmanuel Jaffelin dont la prestation quasi humouristique avait retenu mon attention. Or, ma responsable RH (que je salue et remercie au passage) l’invite cette année à nos événements internes mensuels « les jeudis entre nous » pour nous parler de son Eloge de la gentillesse en entreprise. Malheureusement pour moi, ça tombe sur un jeudi où je ne peux me libérer et profiter de cette soirée en compagnie de mes collègues et de l’auteur… Qu’à cela ne tienne, je vais tenir ma promesse de 2014 (enfin presque, puisque c’était son précédent bouquin) et télécharger son livre.

Après quelques pages, je ne suis pas tout à fait à l’aise… c’est curieux. L’auteur n’est pas très gentil avec l’entreprise et je commence à m’interroger sur son expérience du monde professionnel. D’ailleurs, il devine l’entreprise :

« Nous devinons alors que l’entreprise doit – sauf à se faire inhumaine – concourir à ce double but : elle a certes vocation à produire de la richesse, mais elle ne peut le faire contre l’essence même de l’humanité. »

Evidemment, certains fondamentaux sont rappelés sur le travail, le sens qu’il doit porter et l’idéal qu’il doit être :

« Si les êtres humains passent l’essentiel de leur temps, après l’enfance et avant la retraite, à travailler, il ne faut pas que ce moment représente une mauvaise parenthèse dans une vie, mais qu’il soit l’un des facteurs du vivre-ensemble. »

Evidemment, l’idée ci-dessus est séduisante mais que penser de l’éboueur qui participe certes à rendre nos vies agréables mais pour lui, peut-il dire que ce travail n’est pas une mauvaise parenthèse de sa journée, de sa vie ?

La première partie ne laisse donc pas apparaître la gentillesse et dessine une entreprise difficile à vivre :

« Difficile de prôner la sérénité au sein de l’entreprise quand on pense la guerre en dehors. »

En lisant cette phrase, je ne peux m’empêcher de penser à Blue Ocean Strategyou comment finalement éviter la guerre dont parle Jaffelin pour faire grandir son entreprise plus sereinement. Evidemment, cela exige aussi des efforts et la vigilance à l’égard de la concurrence guerrière (au sens de M Porter et de ses 5 forces).

« Si lien entre gentillesse et entreprise il y a, ce n’est donc pas dans un secteur qu’il faut le chercher, mais dans les relations professionnelles trop souvent considérées comme secondaires. »

La suite fait penser à un discours syndicale sur le profit contre les hommes :

« Le flux est le nouveau contremaître du salarié qui lui ordonne d’être toujours en mouvement, qui lui interdit la pause d’une manière plus redoutable encore que ne le faisait la chaîne de montage. »

D’ailleurs, le manager (ou manageur) s’en prend plein la figure. Rien sur les parties prenantes, en dehors de la concurrence à peine évoquée au travers de la guerre commerciale, pourtant le client est l’électeur principal des entreprises.

« Le manageur, les yeux rivés sur les indicateurs de performance, perd trop souvent de vue, non seulement le travail réellement effectué par le salarié, mais aussi et surtout la subjectivité de celui-ci, c’est-à-dire l’empreinte humaine qu’il apporte à l’entreprise et qui est faite de sa sensibilité, de son intelligence et de son histoire. »

Même quand on croit qu’il va finalement l’épargner, le manageur passe finalement pour un total incompétent qui ne capte pas l’essentiel :

« De fait, il serait trop lâche et trop facile de faire du manageur le bouc émissaire du mal-être dans l’entreprise et le responsable d’une logique qui, au fond, lui échappe pour l’essentiel. »

L’entreprise visée par E Jaffelin n’est pas la start up ou le petit commerçant. Il cible la grande entreprise… Pour avoir goûté à toutes les tailles d’entreprise, j’ai l’impression que l’auteur caricature la réalité et s’arrête sur les gros titres de Challenge, non ?

« le fait que ce dépeçage se fasse sous couvert de la loi en dit plus sur la capacité législative à entériner les faits là où il faudrait les enterrer que sur la différence morale du criminel et du « golden parachuté ». Il conviendrait d’ailleurs de s’interroger sur la valeur d’une loi qui protège les frelons : n’encourage-t-elle pas l’asociabilité, la déresponsabilisation sociale, le règne du tout-à-l’égo et, finalement, le mépris quotidien du salarié ? »

La confiance apparaît enfin dans les propos de l’auteur mais ce n’est qu’une ébauche comparée à ce qu’énonçait S.M.R Covey dans Speed of Trust :

« si le salarié n’est pas un cheval ni le manageur un cavalier, il n’est pas absurde de penser que « manager » consiste à instaurer une relation de confiance au sein d’une équipe pour en faire un attelage harmonieux. »

L’auteur s’en prend alors aux enseignements américanisés (type MBA) et à l’invasion des anglicismes dans notre quotidien.

« Jaurès disait que « quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots ». »

Je crois effectivement que la gentillesse est une force mais fallait-il un si long texte pour le lire ?

« Le fait que le sens de la gentillesse ait beaucoup varié ne nous empêche pas de reconnaître dans celui qui se montre bienveillant envers nous une noblesse morale et dans son geste, une authentique force morale. »

J’ai surligné bien plus de passages mais même en relisant ces citations, je suis finalement assez déçu de n’avoir pas trouvé chez Jaffelin un texte plus positif, plus constructif, moins culpabilisant tant pour les entreprises que pour les managers. Ca accentue ma déception de n’avoir pu entendre ses propos et débattre avec l’auteur…

Soyez gentils !

Proteus de Louis Raffin


Notre époque nous assomme d’information de toute part. Travaillant sur le sujet des smartcities, à l’occasion de mes commutations, j’ai regardé sur mon Kindle ce que je pouvais me charger sur le sujet. Les propositions d’Amazon sont assez pauvres en français et finalement, je fatigue des enseignements… j’allais abandonner ma recherche me disant qu’il serait préférable que je m’aère l’esprit avec un roman et là, je tombe sur Proteus de Louis Raffin. Alors je clique !

J’accroche rapidement, l’histoire s’ancre dans notre réalité contemporaine avec des images intéressantes :

« Au Monopoly, il n’y a que des perdants. Pour entamer une nouvelle partie, il faut d’abord détruire les richesses accumulées lors de la précédente. C’est ce qu’on appelle une crise économique, et si elle se prolonge, elle peut mener jusqu’à la guerre, comme à la fin des années 30. »

Un roman donc mais qui ne se vide pas d’enseignements :

« si vous regardez l’Histoire, ce sont le plus souvent des individus déterminés, et non les masses, qui en ont changé le cours… »

Pour la smartcity, je repasserai mais j’ai pris un certain plaisir à lire cette histoire qui est un peu un « Odyssée de l’espace » sur terre et qui illustre ce que pourrait être finalement notre avenir avec l’internet des objets, la robotisation et toutes les avancées technologiques que l’avenir nous réserve encore.

 

C’était comment Stephen King ?

Ca remonte au lycée quasiment… si j’ai gardé le souvenir d’avoir lu rapidement Bazaar pour impressionner une amie qui le lisait, je me souviens avoir apprécié la facilité à lire Stephen King. Cet été, je me suis demandé, si j’étais encore capable de me laisser emporter dans ses univers. J’ai alors choisi Mr Mercedes, roman policier, pour ne pas partir directement sur du fantastique.

Que des personnages « normaux », pas des superhéros, pas des canons de beauté, pas d’intelligence supérieure non plus. Pas de surnaturel… une histoire finalement simple dont la trame ferait une mauvaise série mais une dimension psychologique intéressante. On balance entre les états d’âme d’un flic retraité et l’obscur criminel dont l’action relève du terrorisme.

« Si tu regardes trop longtemps l’abîme, a écrit Nietzsche, l’abîme aussi regardera en toi. »

Finalement, le maître de l’horreur et du fantastique ne s’en sort pas si mal avec ce roman policier. Je ne le pointe pas au top de la liste et ne le recommande pour passer le temps dans les transports ou en grillant sur la plage.

A ma question-titre, c’est un autre roman de Stephen King qui donnera une réponse positive (à suivre donc :)).

Thilliez vs Musso

2 – 1, c’est le score entre ces deux auteurs de mes lectures d’été. Pour être honnête, je n’avais jamais lu Guillaume Musso alors que les aventures policières de Franck Thilliez m’avaient déjà intrigué. Autre avantage pour Thilliez, ANGOR se termine en donnant l’envie au lecteur de poursuivre avec Pandemia.

Pourtant, « L’instant présent » de Guillaume Musso propose une fiction moderne et mystérieuse mélangeant amour, actualités et voyages spatio-temporels. Il commence par une magnifique citation de Stephen King qui multiplie mon plaisir de lecture : « L’amour a des dents et ses morsures ne guérissent jamais. »  (Stephen King, Différentes Saisons). D’ailleurs, après la lecture des 3 romans de ce post, j’ai entamé la lecture de Mr Mercedes de Stephen King, une enquête policière intéressante et éloignée des souvenirs que j’avais des romans de mon adolescence. Parfois gêné par le fait que l’histoire de Musso se déroule aux Etats-Unis alors que plusieurs références sont françaises, j’apprécie la simplicité d’écriture tout comme le caractère du héros. Malheureusement, la fin m’a déçu… trop française, peu divertissante, elle produit l’effet d’un cours de français expliquant une poésie, annulant finalement toute la beauté de l’histoire par son analogie avec la vie réelle que chaque lecteur étaient libre d’analyser ou pas… Quel dommage !

Bien que Franck Thilliez construise sur une trame commune pour les aventures de son flic Sharko, le divertissement est au rendez-vous, les frissons aussi. En effet, l’ancrage sur le territoire français (même si le monde reste aussi territoire d’investigation) et les liens avec l’actualité intriguent et angoissent à la fois. Pas d’explication de textes ici, uniquement de l’action et des enquêtes à rebondissement avec des sujets qui laissent au lecteur poursuivre ou non ses réflexions.

A vous de faire votre match !

Lost in… la pensée managériale avec François Dupuy

Devant la publicité, y compris le « bouche à oreille » (enfin les échanges sur les réseaux sociaux comme LinkedIn), j’ai craqué et acheté « Lost in Management : La vie quotidienne des entreprises au XXIe siècle » et « La Faillite de la pensée managériale : Lost in management, vol. 2 » de François Dupuy. C’est tellement facile avec mon ebook qu’en deux clics, c’était fait alors que si j’avais été dans une librairie, j’aurais probablement acheté le premier tome uniquement, pensant revenir chercher ensuite le second… Finalement, dommage pour la librairie et tant mieux pour l’auteur, car il n’est pas si sûr que j’aurais acheté le second tome. Comprenons-nous bien, je n’ai rien contre l’auteur mais j’aurais aimé lire des pistes de solution et des exemples plus positifs… mon côté fleur bleue, sans doute.Faillite managériale François Dupuy

Si le CV de l’auteur ne mentionnait pas une formation grande école, je me serais demandé s’il ne souffrait pas d’un complexe d’infériorité tant il pleure la méconnaissance de la sociologie par les managers de nos entreprises. Les consultants en prennent aussi pour leur grade, bien qu’il base son récit sur son expérience de consultant mais totalement orienté sociologie. Peut-être que j’aurais préféré suivre une conférence ou un exposé de sa part que de lire ce que les titres annoncent, un contenu du côté des forces obscures des entreprises… Ca ne m’aurait pas dérangé si j’avais trouvé les recettes pour faire jaillir la lumière et transformer une ambiance délétère en ambiance de travail. A croire qu’en France, nous sommes très bons pour dresser des diagnostics, surtout pour dire ce qui ne va pas et pourquoi, moins pour dire ce qui va et pourquoi ça va…

C’est donc, encouragé par des critiques positives, imaginant une excellente continuité avec les démarches positives de Speed of Trust ou de la sociodynamique, que je me suis donc lancé dans la lecture des deux tomes. Mais, je me suis vraiment fait violence tant les exemples relèvent de « failure quotes » si éloignées de « success story ».

Dans le premier tome, je reconnais quelques vérités de mes expériences passées qui fondent le diagnostic du sociologue :

« abstraction du discours managérial »

« Plus l’entreprise cherche à les contrôler et à leur « mettre la pression », plus les salariés, cadres y compris, se réfugient dans des investissements alternatifs, la famille par exemple, qui viennent compenser la dureté du monde du travail. »

Cette dernière citation me rappelle d’ailleurs une introduction d’Isaac Getz sur l’entreprise libérée et le fait que si l’entreprise ne sait pas séduire ses équipes, ces dernières s’épanouiront en dehors de l’entreprise.

L’auteur insiste sur le caractère endogène des organisations, sur une forme de confort qu’on les manageurs à traiter les problèmes internes plutôt que les problèmes externes.

« Résumons : nous avons constaté, en début d’analyse, que les acteurs de cette organisation sont, bon an mal an, heureux. Ce bonheur tient avant tout à la protection offerte par la forme segmentée et séquentielle du travail qui caractérise la Direction. Mais il s’obtient au prix de toutes les dérives évoquées. Le choix – car c’en est un – a été de privilégier la logique interne (endogénéité) au détriment de celle de la mission à accomplir (exogénéité), sur un mode qui n’est pas sans évoquer celui des administrations publiques. On a à nouveau « laissé filer le travail ». »

 

SI je partage parfois ce qu’écrit François Dupuy, comme « le sous-travail était autant le résultat d’un laxisme des dirigeants que d’une « paresse » de ceux qui le pratiquent. », je m’interroge sur les solutions pour lutter contre ce phénomène, réduire le caractère endogène et s’intéresser aux problèmes externes pour éviter de voir l’entreprise dépassée. Le changement ne peut se produire qu’avec une « crise majeure », produite par l’externe : « Le laisser-aller d’hier rend le coût du changement prohibitif aujourd’hui. ». C’est bien triste, même si je préfère lire cela dans des œuvres de sciences fictions plutôt que dans la vie réelle.

Le sociologue décrit donc une entreprise tournée vers elle-même ou plutôt tournée vers le top management : « Aussi l’encadrement de cette Direction est-il tourné bien davantage « vers le haut », vers ceux qui demandent le reporting, que vers le bas, vers l’organisation elle-même. » Là encore, pas d’indice pour changer cela, tout en faisant en sorte que si le regard se portait vers le bas, il faut aussi qu’elle se porte sur l’environnement externe. Et il poursuit : « c’est simplement que personne, du haut en bas, ne montre l’exemple. » ou encore en affirmant que les services relations clients ne répondent plus aux exigences externes mais aux processus internes de l’entreprise.

On peut évidemment lire les illustrations de l’auteur comme des contre-exemples, comme les pratiques à éviter pour améliorer… améliorer quoi au fait ? on est effectivement presque perdu dans la lecture de ce livre multipliant les échecs… soudain un conseil qui me rappelle à mes précédentes lectures :

« ce qui va permettre la confiance, c’est la réduction de l’incertitude des comportements »

Mais cette lueur va très vite s’estomper : « La traditionnelle implication au travail, fruit d’une confiance jamais trahie, se heurte brutalement à des demandes pressantes et croissantes, ce qui produit au choix découragement, retrait, détresse et souffrance. »

Seul moyen de changer cela, la crise : « Quand on a laissé filer le travail ou le client, on s’est créé des handicaps bien difficiles à surmonter, auxquels on ne s’attaque que poussé par la nécessité. »

C’est tellement sombre que je me suis offert une parenthèse dans la lecture de « Lost in management » pour ne pas déprimer en lisant quelques passages de « Amour, Poésie, Sagesse » d’Edgar Morin (notes de lecture à suivre). Après cette bouffée d’air, j’ai repris ma laborieuse lecture.

Retour dans les mauvais exemples, donc et un nouveau conseil surgit :

« pour être efficace, il faut « tuer » les monopoles internes, introduire un haut degré de coopération – appelé ici de façon plus réaliste « confrontation » –, multiplier les lieux et les occasions de négociation. »

OK, super ! Et comment fait-on ? Comment multiplier « les occasions de négociation » quand plus haut (dans le livre), l’auteur charge la multiplication des réunions… internes (évidemment).

Finalement, le premier tome qui charge les entreprises « endogènes » conclue sur :

« L’enjeu, ce sont bien les hommes, et non « tout le reste », qui ne constitue que l’apparence de l’entreprise. »

Alors évidemment, on ne peut être d’accord qu’avec les très rares conseils, les très rares moments positifs mais l’auteur n’apporte finalement dans ce tome aucune solution pratique, ni pour un dirigeant, ni pour un manager.

Déçu par la lecture du premier tome, j’ai failli ne pas ouvrir le second… Monsieur Dupuy est très compétent pour dire ce qui ne va pas mais comment faire retrouver le plaisir de travailler au-delà du devoir aux salariés des entreprises ? Si le tome 1 est un diagnostic, peut-être que le tome 2 est un plan d’actions.

Oulalala… ça commence par quelque chose comme nous sommes tous des lapins crétins !!! Comment peut-on travailler dans une entreprise sans avoir fait de la sociologie ? Mince, j’ai fini « Amour, Poésie, Sagesse »… Je me force donc… après tout je lis aussi pour développer et entretenir ma modeste culture :

« Eh bien je prétends qu’il y aurait beaucoup à apprendre de la renonciation à l’universalité de l’Empire romain au IVe après Jésus-Christ et du transfert de cette vocation universelle au catholicisme à travers les Pères de l’Église. »

Là encore, je partage certaines remarques comme :

« les militaires ne se privent pas d’aller chercher dans les batailles du passé des idées pour celles d’aujourd’hui et de demain, même si en apparence les technologies doivent renvoyer César et Napoléon dans les brumes d’un enseignement secondaire vite oublié. »

Parmi les nombreuses entreprises ou institutions que j’ai visité à travers le monde quand je travaillais sur la modernisation des activités opérationnelles de deux grands groupes énergétiques entre 2002 et 2007 (finalement, moi aussi, je peux valoriser à la consultant mon parcours pro), je reste admiratif devant les enseignements pris auprès des militaires ou des sapeurs pompiers de Paris.

Mais l’auteur insiste sur l’incompétence des managers voire des dirigeants :

« Se soucie-t-on dans le monde de l’entreprise de ce désert culturel ? Très peu à vrai dire. » C’est sans doute vrai dans de nombreuses entreprises ou activités. Personnellement, j’ai le plaisir de travailler avec un « patron » qui offre mensuellement des moments de culture managériale en faisant intervenir des gens de l’acabit de F Dupuy. En plus de renforcer la culture des managers, c’est sans doute aussi un lieu de négociation entre les métiers pour décloisonner les équipes comme le suggère le tome 1 de « Lost in Management ».

Le sociologue poursuit sa charge sur en opposant la « connaissance élaborée » qu’il affectionne (moi, je comprends, sociologie) et la « connaissance ordinaire »…

C’est une souffrance, peut-être parce que je me sens subitement atteint d’une « connaissance ordinaire ». Heureusement, mon ressenti sur le premier tome est confirmé par l’auteur lui-même :

« En d’autres termes, le premier volume a montré, pour le dire d’une formule lapidaire, ce qui ne va pas. Le second volume s’enfonce plus en profondeur dans le « pourquoi » ça ne va pas, en ancrant la démonstration sur une discussion des thèmes dominants du management contemporain qui, redisons-le, n’est pas très différent de celui qui l’a précédé. »

S’en suit une longue dissertation entre structure et organisation, comme une démonstration de l’importance d’avoir une culture élaborée. C’est intéressant mais avec l’expérience (même courte dans une grande entreprise), même si le vocabulaire n’est pas précis, un manager fait vite la différence. Avec étonnement, je constate que l’auteur nous sert du « Des études sérieuses ont montré que ». Les études permettent d’accréditer des thèses mais en cherchant bien, on peut aussi trouver des antithèses fondées sur des études tout aussi respectables.

Il est vrai qu’en dehors d’entreprises fortement tournées vers l’innovation et qu’on constate que « la logique dominante consiste à ne résoudre que les problèmes qui se posent. Évoquer ce qui pourrait advenir si…, c’est créer des problèmes là où il n’y en a pas. » Je crois alors comprendre que l’auteur évoque enfin des pistes et là encore, retour à mes précédentes lectures sur la confiance : « Charles Feltman (…) définit quatre comportements qui constituent les piliers de la confiance : la sincérité, la fiabilité, la compétence et le souci des autres. » On retrouve en partie les fondamentaux et les comportements proposés par S MR Covey.

Petite charge pour les communicants : « Y répondre par des slogans élaborés par des communicants pour qui le verbe prime sur le contenu témoigne de l’incompréhension, de l’inculture ou du désintérêt de ceux qui les lancent et de ceux qui les reprennent à leur compte. » suivi d’un conseil : « Il faudrait surtout dire moins et faire plus. »

Est-ce que l’objectif de l’auteur est de faire sortir du déni certains dirigeants ? Dépeint-il certaines entreprises pour qu’elles se reconnaissent pour se remettre en question ?

« deux modèles de culture qui n’étonneront personne : le modèle bureaucratique, celui des administrations publiques pour faire bref, marqué par l’incapacité d’anticiper, le refus du risque et le manque de créativité ; le modèle dit « évolutif », qui privilégie le goût du risque, la confiance et l’amour de l’action. »

Puis c’est au tour des business schools comme il avait pu critiquer les pratiques de certains hôpitaux…

A la question « Est-ce de la naïveté de considérer que le trio « paresse intellectuelle-inculture-connaissance ordinaire » doit et peut être remis en question ? », tout le monde veut répondre NON mais comment ? pas de réponse… pas d’exemple pour provoquer prise de conscience ou début de dynamique en ce sens.

Ce deuxième tome se conclue sur : « L’instauration de la confiance dans les relations pourrait jouer un rôle semblable à celui tenu par l’amélioration de la sécurité dans quelques entreprises. »

 

Est-ce que ces deux livres m’ont permis de passer d’une « culture ordinaire » à une « culture élaborée » ? Je ne crois pas… Est-ce que j’ai trouvé des outils intéressants à partager ou à mettre en œuvre ? Non…

 

Evidemment, je laisse chacun se faire une idée en lisant ces livres mais j’invite chacun à positiver, à ne pas se laisser obscurcir les idées, à ne retenir que les rares points positifs d’une intelligence collective au service d’un bien commun. Espérons que l’auteur proposera d’ailleurs un tome 3 pour répondre cette fois à la question « comment » et si possible, « comment agir sans attendre une crise ».

Première course connectée by UNICEF & Running Heroes

Le monde des objets connectés fait beaucoup parler de lui dernièrement, car il nourrit l’espoir de contribuer à la relance de l’économie. Internet de l’objet par ci avec SigFox, par exemple. Bracelets connectés par là, sans parler de nombreux projets autour du cerveau comme par exemple, Melomind et bien d’autres.

Les initiatives se multiplient aussi bien pour le fun qu’avec des applications industrielles, et c’est heureux.

D’autres font profiter (et se font connaître) des associations ; c’est le cas de la plateforme sportive Running Heroes avec la première course connectée au profit de l’UNICEF. Excellente idée qui a permis de réunir virtuellement 5552 participants dans 36 pays pour récolter plus de 109 000 € pour vacciner des enfants.

Equipe H&Co pour la première course connectée du 19 avril 2015

Equipe H&Co pour la première course connectée du 19 avril 2015

Bravo pour cette magnifique initiative, bravo à notre petite équipe. D’après le classement, notre équipe se classe 1724 sur 1814 alors qu’à l’entraînement, nous sommes classés 424ème et en don 599ème.