Pas facile de construire quand détruire est si simple

Au 56ème étage de la Tour Montparnasse, je suis venu écouter notamment JP Goux et d’autres illustres personnes débattre sur le green business : le business mise green par Générations d’idées. Marc Guillaume a ouvert la soirée expliquant que si l’Europe se préoccupe de son air, l’Asie s’inquiète pour ses terres et la qualité de l’eau tandis que les américains abordent le sujet par l’innovation. Des questions ont fusé autour des énergies, des habitudes de consommations et des initiatives locales (type EcoWatt en Bretagne).

Les discussions se sont installées un instant autour des indicateurs : on a opposé la nécessité de mesurer les choses à la simplicité d’un discours invitant au changement. Les voitures ont été citées grâce à l’évolution technologique des moteurs et la pédagogie de la pub automobile affichant un indicateur CO2. Je n’ai pas osé dire que mes enfants – bien qu’intelligents – ne comprendront sans doute pas tout de suite ce que cela signifie. Sans doute suis-je trop facile en acceptant de leur offrir une console dont le bilan carbone est mauvais mais dont le rêve du jeu reste plus fort pour leur jeune conscience carbonique ? Ils sont plus attirés par le bénéfice plaisir du jeu que l’angoisse d’émettre des GES tout au long du cycle de vie de leurs consoles. Comment puis-je changer cela ? Couper la tv ? Internet ? Les retirer de l’école et autres activités associatives où d’autres enfants prennent plaisir avec ces objets ? Hors de question !

Reparti vexé d’avoir été coupé dans sa question qui tardait à sortir, un jeune homme rageait dans l’ascenseur parce qu’il ne comprenait pas que les consommateurs à qui on demande d’économiser l’énergie réclament une part de richesse. Il s’insurgeait disant qu’on ne le payait pas lui pour ne pas avoir de voiture, etc… Malgré les 56 étages à descendre, là encore, je n’ai pas osé lui dire de prendre le problème dans l’autre sens. Certes, il n’est pas payé pour ne pas rouler en voiture et donc il économise l’achat du véhicule, l’assurance, l’essence, l’entretien, … Sur Paris il peut le faire, à Distroff beaucoup moins (publicité gratuite et subliminale pour mon village d’enfance). Cette économie, il en a peut-être conscience, d’autres non ou encore une fois, d’autres ne peuvent faire autrement qu’avoir une voiture. J’ai d’ailleurs été surpris que pour l’initiative EcoWatt, personne ne dise qu’en fait RTE gagne sur la gestion de la pointe couteuse pour le gestionnaire de transport et le consommateur économise également sur sa facture en plus de faire un geste héroïque.

Pas facile d’aller au bout de la route quand elle est sinueuse et longue.

Pas facile de rêver quand les héros n’existent plus.

Pas facile de construire quand détruire est si simple.

Retour Vert pour le futur !

Le sommet de Copenhague s’est terminé sur une conclusion molle, sur un objectif 2050 quand il aurait sans doute fallu viser à court terme pour voir une réelle inflexion dans les comportements des entreprises et des gens plus généralement. A l’école déjà, on attendait la dernière minute pour faire les devoirs… Pourquoi attendre encore ? Attendre quoi d’ailleurs ? Publié bien avant le sommet, le livre « Les pionniers de l’Or vert » de Dominique Nora fait l’éloge de plusieurs startups de l’american green business. Ces jeunes pousses profitent soit des incitations existantes, soit des opportunités pour inventer une économie liée à l’environnement ou comme la chef du service du Nouvel Obs l’écrit pour : « réconcilier environnement et économie ». Lire la suite