Après le pétrole… encore du pétrole mais vert ?

Il en fallait un qui ne me plaise pas plus que cela… « Après le pétrole, la nouvelle économie écologique » de Ludovic François et Elise Rebut. J’éviterai un mauvais jeu de mots. J’ai corné un certain nombre de pages malgré tout mais je me suis forcé à le finir.

Au début, je me suis demandé si mes précédentes lectures surpassaient celle-ci simplement parce que je connais mieux (modestement) le secteur de l’énergie ou parce qu’Attali, Minc, … sont des figures… difficile à dire. Par ailleurs, le livre porte uniquement sur les agro-ressources… on aurait pu s’attendre à voir d’autres solutions énergétiques. J’aurais dû lire le sommaire avant de l’acheter J Mais bon, je suis comme ça, j’y vais au feeling et parfois, je me plante.

Il y a de bonnes choses quand même. L’introduction annonce que le changement est engagé, d’ailleurs les auteurs s’appuient sur les signaux faibles d’Igor Ansoff et quelques exemples pour montrer les signes d’une évolution en cours. Dans la description du contexte, on peut s’amuser aussi de l’expression l’« oildorado » ou encore se souvenir que Rudolph Diesel a inventé un moteur « qui fonctionnait à l’huile d’arachide ».

Tous les livres (dans le même style) que j’ai lus font nécessairement références à d’autres auteurs, à d’autres époques, etc… Celui-ci s’est le premier qui fait référence à un film grand spectacle ! un blockbuster : The Day after Tomorrow de Roland Emmerich (mai 2004). Ce film m’avait d’autant plus choqué que quelques mois plus tard, quasiment pour la sortie DVD, un tsunami ravagé la Thaïlande (décembre 2004). Les auteurs utilisent par la suite des citations chocs également comme HJ Scarwell : « un ménage moyen utilise en France l’énergie dépensée par l’équivalent de 50 esclaves. »  Pour illustrer les effets de la pollution, les auteurs relatent au conditionnel la création d’une « île en plastique de 600 000km² entre Hawaï et la Californie ». Une photo aurait été puissante mais y a pas de photo dans le livre…

Le livre présente également des prévisions et de nombreux chiffres. 2008 a été l’année des annonces comme à Abou Dhabi qui investira(it) 15 milliards dans les ENR. Quelques jeunes entreprises sont citées pour leur levée de fonds jusqu’à 50 millions $ mais je suis déçu que les auteurs ne s’attardent pas plus sur ces exemples comme Dominique Nora l’avait fait notamment pour Better Place qui a levé dernièrement 350 millions $. Parmi les chiffres, ceux du biogaz sont très différents des prévisions faites par des experts. En effet, les auteurs évaluent le potentiel de la filière à 50% des besoins français en gaz naturel. Le paragraphe est court et imprécis pour comprendre réellement de quels besoins parle-t-on.

Finalement, ma lecture s’est refermée presque sur l’introduction de ma nouvelle lecture :  « L’évaluation des écosystèmes pour le millénaire montre que la fiscalité actuelle est essentiellement basée sur le capital manufacturier et le capital humain, voire sur le capital social, mais qu’elle ne prend pas en compte le capital naturel. » J’ai effectivement entrepris la lecture de « Performances économiques et progrès social » de J Stiglitz, A Sen, JP Fitoussi, préface de N Sarkosy.

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