Un bref article sur l’avenir de l’éducation

Le titre est prétentieux, j’en conviens mais il se veut un clin d’oeil au livre deJacques Attali, « Une brève histoire de l’avenir ». Cet essai publié début 2007 propose un décryptage de l’histoire pour mieux comprendre l’avenir et se préparer à un futur sombre qu’aimerait éviter Jacques Attali… Il y aurait beaucoup à discuter, à questionner, à débattre sur les 3 vagues (hyperempire, hyperconflit et hyperdémocratie). Cependant, je ne vais décorner que les pages qui concernent l’enseignement et l’éducation. N’est-ce pas le point de départ de tout avenir ? Apprendre, être et devenir. L’économiste écrit d’ailleurs que le « savoir deviendra, plus encore qu’aujourd’hui, un actif majeur, toujours remis en cause par les innovations. » Ca me paraît plus en lien avec mon modeste site de soutien scolaire et surtout, en cette fin novembre 2009, avec le grand emprunt dont l’une des priorités concerne l’enseignement.

Recommandations ou réformes

A plusieurs reprises, Jacques Attali a été sollicité par les gouvernements français pour rédiger des rapports (C’est un domaine qu’il maîtrise après tout, comme blaguait l’un de mes profs, il a fait avec son frère toutes les grandes écoles françaises).  Ces missions évoquent le monde de l’éducation et de l’enseignement. En février 1998, il concluait son rapport « Pour un modèle européen d’enseignement supérieur » sur

« Un projet aussi ambitieux ne peut réussir que s’il devient une urgence, une priorité, une évidence nationale. »

Quelques lignes plus haut, l’auteur devait savoir qu’une grande partie de ses recommandations finiraient sur les « étagères » :

« le pays perdrait toute chance d’utiliser au mieux le formidable potentiel de sa jeunesse. Il s’engagerait peu à peu sur la pente d’un irréversible déclin. »

Dans « Une brève histoire de l’avenir », il insiste sur les réformes à apporter aussi bien dans l’enseignement supérieur qu’au « collège où tout se joue. » Son idée est que le développement de nos jeunes (et moins jeunes) permettra au pays d’améliorer la société tant sur les aspects culturels que les évolutions techniques et économiques. On peut cependant regretter qu’il contredira sa recommandation « doubler les dépenses moyennes par étudiant » dans son rapport de la commission pour la libération de la croissance 2008 (le site officiel ne fonctionne plus) où il écrit au contraire « La France peut faire beaucoup mieux avec les mêmes moyens. » Evidemment, je partage le fait qu’apprendre à lire ne nécessite pas nécessairement plus de moyen mais d’autres matières profiteraient des ressources d’Internet par exemple : la pratique des langues étrangères, l’apprentissage  des NTIC, … Face au développement de l’information, Jacques Attali énonce dans son livre :

« Malgré ce temps contraint, beaucoup réaliseront qu’ils n’auront jamais le temps de tout lire, tout entendre, tout voir, tout visiter, tout apprendre : comme le savoir disponible double déjà tous les sept ans, et doublera tous les 72 jours en 2030, le temps nécessaire pour se tenir informé, apprendre, devenir et rester « employable » , augmentera d’autant. »

Il est donc nécessaire d’éduquer nos enfants à analyser et synthétiser l’information, de leur apprendre le travail en équipe, la diversité et le partage des connaissances. Il s’agit de les préparer à un monde plus ouvert, plus transparent et plus rapide.

Le grand emprunt devrait d’ailleurs profiter aux universités et aux grandes écoles. Il apportera certainement les moyens dont on parlait plus haut et répondra également aux questions qu’Alain Minc pose dansson essai « Dix jours qui ébranleront le monde » :

« Comment un jeune Chinois, confronté à un choix entre le MIT et Polytechnique, préférerait-il une école militaire regroupant quelques centaines d’élèves sur un campus isolé ? Que ferait un Indien libre d’opter entre Berkeley et une micro école française portant le nom d’ « Ecole des Mines » , alors que le mot de mines incarnes les siècles passés ? »

Certaines écoles se sont mises en marche pour affronter l’avenir et apporter des réponses à Alain Minc : l’Ecole des Mines fait partie du pôle ParisTech par exemple, l’école de commerce ESCP s’appelle désormais ESCP-Europe et met en avant ses 5 sites européens (Paris, Londres, Madrid, Berlin, Turin), les partenariats et les échanges se multiplient entre écoles/universités françaises et universités étrangères…

« Employabilité »

Après 7 ans d’activité professionnelle, j’avais décidé de retourner sur les bancs de l’école pour compléter ma formation initiale et découvrir d’autres métiers. Je me souviens qu’à l’issue de cette formation dite « executive » (destinée à des cadres en activité), le dean avait interpelé l’amphi avec quelque chose comme : « Vous êtes mieux armés pour affronter le monde d’aujourd’hui. Mais commencez à vous demander quelle formation vous ferez dans 5/10 ans ? » C’est surprenant d’obtenir un nouveau diplôme avec une telle conclusion mais ça rejoint pleinement ce qu’écrivait Jacques Attali sur la necessité de se remettre sans cesse en question, d’accroître notre capacité à toujours apprendre pour rester « employable » :

« ils devront surveiller en permanence leur « employabilité », c’est à dire leur forme (pour travailler physiquement) et leur savoir (pour travailler intellectuellement). »

Les entreprises ont certes poussé leurs employés vers des formations continues. Mais est-ce suffisant ? Il est plus facile d’estimer le coût que les bénéfices, pourtant… Beaucoup d’entreprises font appel à des consultants dont les sociétés soignent justement  leurs cerveaux. L’entreprise pourrait mesurer si elle réduit l’appel à des sociétés de conseil pour mesurer les bénéfices (c’est un peu provoc’, je le reconnais :)). Apprendre se fait bien toute la vie et sous différentes formes quelque soit notre statut ou position dans une entreprise.

Concrètement ?

Il est clair que si Jacques Attali élève l’éducation et l’enseignement à une place priviligiée, on peut regretter qu’il ne descende pas vers des solutions plus concrètes (le livre se veut plus large que ce thème évidemment mais c’est également le cas pour les autres sujets). Par exemple, à Lyon, le collège Saint-Louis responsabilise les élèves en leur permettant de « construire partiellement leur emploi du temps ». Sur mon compte Twitter, je suis de nombreux profs (français, belges, canadiens, …) qui utilisent les NTIC pour enseigner (Wiki, blogs, …). Ces profs partagent leurs expériences, cherchent à construire de nouvelles méthodes d’apprentissage ou simplement à accompagner les élèves y compris en dehors des heures de classe.

A vos classes ! prêt ? Commentez !

 

En 2015, J Attali revient sur sa prophétie au travers d’une interview :

 

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